Il y a quelques jours, 60 millions de consommateurs a testé une série de rouge à lèvres de marques différentes, dont Logona et Naturkosmetik.
Le résultat du test de 60 millions de consommateurs est moyen puisque les deux marques bio recueillent un 9,5/20 loin des appréciations reçues par les marques de la part de consommateurs. Le PDG Jürgen Debald a tenu à exprimer son point de vue et considérer avant tout l’opinion de ses fidèles consommatrices.
Extrait
« Dans son édition de mars 2013, la revue 60 Millions de consommateurs a testé un ensemble de 18 rouges à lèvres. Les rouges LOGONA* 03 et SANTE Naturkosmetik* 07 faisaient partie de ce panel et ont ainsi été évalués lors de ce test. Ils ont obtenu la même note : 9,5 sur 20 (8 rouges à lèvres ont obtenu une meilleure note, 3 une note inférieure et 7 au total cette note de 9,5).
Ces notes de 9,5 données à ces 2 rouges à lèvres nous paraissent injustifiées, et ceci pour 3 raisons :
1. les critères du test sont largement incomplets et désavantagent (volontiers ?) les produits naturels.
2. les notes attribuées et publiées ne correspondent pas à celles annoncées dans un courrier que 60 Millions nous a envoyé le 26 décembre 2012.
Les notes publiées ne manquent pas en effet de nous surprendre, si nous nous référons au courrier de l’Institut National de la Consommation, l’éditeur de ce magazine, que nous avons reçu le 26 décembre 2012. Ce courrier nous donnait les résultats des tests « bruts à domicile » (effectués par des consommatrices sur des produits rendus « anonymes ») qu’ils venaient d’effectuer. Mais ceux-ci ne présentent pour nous des incohérences avec les notes finales publiées dans le magazine.
Comment l’appréciation de la texture – notée par les consommatrices 5,8 sur 10 (équivalent d’un 11,6 sur 20) pour LOGONA et 6,0 sur 10 (équivalent de 12 sur 20) pour SANTE – peut-elle notamment justifier une dépréciation de -1 ?
Dans le tableau ci-après sont soulignées toutes les notes attribuées qui nous paraissent ne pas correspondre aux résultats des tests de consommateurs qui nous ont été communiqués.
| LOGONA 03 Strawberry |
SANTE Naturkosmetik 07 Warm Red |
||||||||
| note moyenne sur 10 (consommateurs) | note attribuée par 60 Millions | note moyenne sur 10 (consommateurs) | note attribuée par 60 Millions | ||||||
| Appréciation de la couleur | 6,6 | -1 couverture, +1 couleur | 5,9 | -1 | |||||
| Appréciation du parfum | 5,9 | +1 | 5,5 | -1 | |||||
| Appréciation de la texture | 5,8 | +1 | 6,0 | -1 | |||||
| Appréciation du goût | 5,6 | +1 | 5,3 | -1 | |||||
| Tenue 3 h après application | 5,1 | -1 | 5,3 | -1 | |||||
| Tenue après le repas de midi | 3,7 | 3,5 | |||||||
| Tenue 12 h après application | 2,3 | 1,9 | |||||||
| Pouvoir couvrant | 6,8 | -1 | 6,8 | -1 | |||||
| Caractère brillant | 6,2 | +1 | 4,3 | -1 | |||||
| Caractère hydratant | 5,2 | -1 | 5,5 | -1 | |||||
| Praticité d’application | 7,0 | +2 | 7,2 | +2 | |||||
| Ce rouge à lèvres a-t-il été bien toléré | 90 % de oui | 93 % de oui | |||||||
3. la présence (critiquée) de certains métaux ne tient pas compte de leur bio-disponibilité, et en conséquence ces indications ne sont pas pertinentes pour justifier d’éventuels risques pour la santé.
Le magazine a attribué une note négative «-1» au rouge à lèvres LOGONA pour son taux de métaux et métaux lourds, en précisant que le taux d’aluminium dépasse 0,6 % dans 3 rouges à lèvres testés (dont celui de LOGONA). Etonnant, car dans le résultat d’analyse que la rédaction nous a adressé le 26 décembre 2012, ce taux est de 0,45 %, donc inférieur au taux indiqué ensuite dans le texte. Dans 4 autres rouges à lèvres, la rédaction de 60 Millions affirme avoir trouvé des taux supérieurs à 1,2 % d’aluminium.
Dans le rouge à lèvres LOGONA la rédaction du magazine dit également avoir trouvé du mercure, le rapport d’analyse que la rédaction nous a adressé indiquant effectivement une valeur de 0,11 mg par kg (0,11 ppb).

En ce qui concerne l’aluminium :
Les rouges à lèvres de LOGONA sont formulés avec des pierres semi-précieuses (améthyste, quartz et ambre). Le taux d’aluminium trouvé par 60 Millions de Consommateurs correspond parfaitement aux taux d’aluminium dans l’améthyste, qui fait partie intégrante de la formule. L’améthyste contient en effet de l’aluminium, tout comme le mica, et tout comme d’ailleurs la croûte terrestre, dont c’est – avec 15% et après la silice – le 2e composant naturel. Mais l’aluminium contenu dans l’améthyste et dans le mica (et en conséquence dans le rouge à lèvres LOGONA) est sous forme cristalline et n’est absolument pas bio-disponible. Seule une méthode extrême (et habituelle dans un contexte de laboratoire d’analyse) comme une dissolution avec un acide fort (nitrique ou chlorhydrique) peut libérer les molécules d’aluminium.
L’utilisation du rouge à lèvres LOGONA n’est donc pas plus inquiétante que de sucer une… pierre de granit, pourtant composé de 10 à 20 % d’aluminium sous forme cristalline (silicate d’aluminium). Ce sont les sels solubles d’aluminium qui présentent un danger potentiel.
Le manque de précision sur le caractère bio-disponible et le manque de mise en perspective du taux indiqué rendent donc cette information peu utile pour le lecteur.
Pour terminer sur un autre sujet, soulignons enfin que dans l’article, la rédaction de 60 Millions fait principalement (et à de nombreuses reprises) et surtout s’exprimer le groupe L’Oréal (dont 4 marques sont représentées dans l’essai), et par ailleurs juste PB Cosmetics et E.L.F. (marque pourtant non testée…). Cette limitation est bien dommage.
Car en ce qui nous concerne, nous aurions pu de notre côté rappeler que, oui, nos rouges tiennent peut-être un peu moins bien (surtout quand on mange peu de temps après leur application !) et ont peut-être des parfums moins « envoûtants » (?), mais que c’est un choix délibéré pour le groupe LOGOCOS et ses marques LOGONA et SANTE Naturkosmetik de ne pas recourir à des artifices tout ce qu’il y a de plus …synthétiques et surtout parfaitement déplacés lorsqu’il s’agit d’appliquer un produit qui les contient sur les lèvres à la peau plus que fine. «
Jürgen Debald, PDG Bleu Vert (Extrait)
Propos recueillis par Sophie Tagel
