Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école, et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. 20 ans plus tard, il se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Mais peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?

Entretien avec Cyril Aris
Le film dégage la chaleur et l’humour d’une comédie romantique légère, même s’il se déroule dans un contexte politique plus sombre. Pourquoi cette dualité était-elle importante pour vous, et comment l’avez-vous abordée ?
C’est le fondement du Liban que je connais. Depuis mon enfanc, après la guerre civile, la vie a été faite d’extrême : une soif de vivre démesurée, des moments de joie et d’espoir…mais toujours assombris, précédés et suivis par des guerres, des conflits régionaux, l’effondrement et le désespoir. Ce qui survit à tout cela, cependant, c’est l’humour, l’amour et l’amour et la famille. Il m’a donc semblé hypocrite de ne montrer que le côté sombre du Liban. L’équilibre entre chaleur et dévastation, entre romance et rupture, était la manière la plus authentique de raconter leur histoire, et celle de l’endroit que j’appelle mon chez-moi.

Ce film est une véritable réussite sur le point technique et émotionnelle, un diamant brut qui avec grâce et délicatesse révèle sa beauté et envoûte le spectateur captivé par sa générosité.
Du début jusqu’à la fin, nous assistons à la puissance inouïe de l’amour, et l’attachement d’un peuple incroyable qui malgré la guerre et ses conséquences désastreuses refuse d’abadonner leurs racines.
Une leçon d’humanité immensément belle, une claque qui réveille les consciences, sous nos yeux une histoire d’amour d’enfance renaît à l’age adulte avec plus de maturité intellectuelle, mais également plus de lucidité vers le monde qui les entourent.
Nos deux protagonistes affrontent une réalité sociale chaotique qui exige des choix de vie déchirant et indispensable à la fois, choisir entre rester et résister ou partir et tout recommencer ailleurs ?
Une question existentielle que connaissent très bien les exilés qui dans l’espoir d’une vie meilleure abandonnent tout, pour au final se trouver confrontés au RACISME des occidentaux qui par manque de connaissance historique et géographique se croient le maître du monde…

Un Monde Fragile et Merveilleux malgré ses scènes particulièrement difficiles, reste un message d’espoir magnifique et rend un hommage magistral à la beauté du Liban, sa poésie, sa magie et la grandeur du peuple libanais.
Une mise en scène solide qui via des métaphores laisse imaginer l’horreur des bombardements, la destruction gratuite des biens, enfonçant chaque jour d’avantage l’economie du pays vers un vide glaçant, mais le peuple libanais résiste et refuse de céder, comme l’amour de nos deux amoureux Yasmina ( Mounia AKI ) et Nino ( Hassan Akil).
Le réalisateur Cyril Aris nous offre une œuvre précieuse, qu’on regarde ou plutôt qu’on admire avec respect et bienveillance, les images sont fortes bercées par une bande originale sublime, venant subtilement illustré cette histoire si belle et si déchirante à le fois.
Informations Pratiques :
Titre : un monde fragile et merveilleux
De : Cyril Aris
Avec Mounia AKI, Hassan Akil, Julia Kassar
Genre : Drame, Romance
Durée : 1h50
Distributeur : UFO Distribution
Date de sortie au cinéma : 18 février 2026
Mitra Etemad