CINÉMA : Saint Omer d’Alice Diop

Rama, jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly à la cour d’assises de Saint Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France. Mais au cours d’un procès, la parole de l’accusée, l’ecoute des témoignages font vaciller les certitudes de Rama et interrogent notre jugement.

Alice Diop la réalisatrice du film se confie :

Mes films sont toujours le fruit d’une intuition. Cette intuition grandit et devient alors une obsession tellement impérieuse que le faille naît. Jamais je ne me formule « tiens, et si je m’intéressais à tel ou tel sujet ». Ça vient toujours de quelque chose qui percute une histoire intime parfois longtemps indicible. Pour Saint Omer l’obsession vient d’une photo, publiée dans Le Monde en 2015. Une image en noir et blanc, prise par une caméra de surveillance : une femme noire, Gare du Nord, pousse un bébé métisse emmitouflée dans une combinaison. Je regarde cette photo et je me dis, Elle est sénégalaise ! Deux jours avant, un bébé avait été retrouvé à Berck-sur-Mer charrié par les vagues, à six heures du matin.

Saint Omer est un film très intime, qui bouleverse nos émotions les plus sensibles. Une mère en détresse qui tue son enfant en l’abandonnant seul à la merci des vagues qui l’engloutissent lentement dans les profondeurs silencieuses de la mer. Sans se retourner ne serait-ce qu’une fois pour le reprendre, elle marche sans s’arrêter, que se passe-t-il à cet instant dans sa tête ? Est-elle consciente de son acte ?

En tant que spectateur il nous est impossible de lui accorder des circonstances atténuantes ? Par contre comprendre les raisons de son acte devient notre priorité. Une lourde tâche que d’interpréter une mère infanticide, pourtant la brillante et combien talentueuse Guslagie Malanda s’en sort à la perfection.

La jeune comédienne possède une puissance hypnotique par son regard perçant à nous glacer le sang, son charisme et sa présence face caméra sont les témoins de son immense talent et sa volonté de posséder totalement son personnage, au point où elle nous déstabilise et constitue une certaine prise de position.

Le film parvient à s’éloigner de tous clichés, et arrive à mettre en avant les rapports humains et la notion de famille, en interrogeant la place que la société accorde à une mère tueuse de son propre enfant. Le rythme est ici particulièrement bien maintenu, notre attention est aucunement relâchée.

La véritable force de Saint Omer repose sur l’interpretation magistrale de Guslagie Malanda qui respire la crédibilité. Elle est fabuleuse, fascinante, elle pousse à son apogée notre attention dans cette histoire douloureuse.

Informations Pratiques :

Titre : Saint Omer 

De : Alice Diop

Avec : Guslagie Malanda, Kayije Kagame, Valérie Dreville 

Genre : Drame 

Durée : 2h02

Distributeur : Les Films du Losange 

Date de sortie au cinéma : 23 novembre 2022

Mitra Etemad

Auteur : trendyslemag

Blogueuse Mode et Beauté.

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