La mode adore les retours. Mais lorsqu’une décennie revient, elle ne le fait jamais vraiment telle qu’elle était. Elle se réinvente, se polit, se débarrasse de ses excès pour ne conserver que ce qui continue de nous faire rêver.
Après plusieurs saisons dominées par les coiffures ultra-lisses, les longueurs minimalistes et les couleurs presque monochromes, l’automne-hiver 2026 amorce un changement d’humeur. Les cheveux reprennent de l’ampleur. Ils bougent davantage, captent la lumière, assument leur texture. Le glamour revient, mais débarrassé de toute rigidité.

Ce n’est pas un hasard si tant de créateurs puisent aujourd’hui dans l’esthétique des années 70 et 80. Ces décennies racontaient une féminité libre, sensuelle, parfois rock, toujours expressive. C’est précisément cette énergie que l’on retrouve aujourd’hui jusque dans les salons de coiffure.
La nouvelle collection Éclat Rétro de L’Atelier Intermède en offre une parfaite illustration. Inspirée de ces deux décennies, elle revisite leurs volumes emblématiques, leurs mouvements généreux et leurs silhouettes iconiques à travers une approche contemporaine où la couleur, la matière et la lumière occupent une place centrale.
Le volume n’est plus un souvenir, il devient une signature

Pendant longtemps, les volumes spectaculaires semblaient appartenir aux albums photos de nos parents.
Aujourd’hui, ils reviennent, mais avec une élégance nouvelle.
Le brushing ne cherche plus la perfection figée. Il accompagne le mouvement naturel du cheveu, crée de la fluidité et donne une présence presque cinématographique à chaque silhouette.
Les carrés se portent plus souples, les dégradés retrouvent de la profondeur et les longueurs s’animent à chaque pas. L’effet recherché n’est pas celui d’une coiffure construite, mais d’un luxe discret où tout paraît naturellement maîtrisé.
Le Butterfly Hair, déjà omniprésent sur les réseaux sociaux, poursuit d’ailleurs son ascension en adoptant cette saison des proportions plus généreuses, inspirées des brushings hollywoodiens des années 80. L’Atelier Intermède en livre une version chic où le dégradé aérien sculpte le visage tout en conservant une étonnante légèreté.
La frange retrouve son pouvoir

Il suffit parfois de quelques centimètres de cheveux pour transformer complètement une allure.
Cette saison, la frange n’est plus un simple détail esthétique : elle devient un véritable accessoire de style.
Longue, rideau, droite ou effilée, elle adoucit les traits tout en affirmant une personnalité. Portée avec un carré graphique ou des longueurs dégradées, elle apporte immédiatement cette touche effortless que les rédactions de mode affectionnent tant.
Dans sa collection, L’Atelier Intermède fait de la frange droite l’un des marqueurs forts de la saison, associée à une coupe en mouvement qui conserve toute sa densité.
La couleur retrouve de la profondeur

L’automne-hiver 2026 s’éloigne des colorations uniformes.
La lumière se construit désormais par superposition de nuances.
Les blonds deviennent beiges ou dorés, les châtains se parent de reflets chocolat, tandis que les auburns et les violines apportent cette intensité chaleureuse qui rappelle les feuilles d’automne.
Plus qu’une couleur, il s’agit d’une matière.
Chaque reflet accompagne les mouvements du cheveu et renforce cette impression de profondeur qui caractérise toute la saison.
La collection joue précisément cette carte en mettant en avant des blonds sophistiqués, des reflets auburn lumineux et une nuance violine intense qui sublime le mouvement des longueurs.
Les boucles ne se domptent plus, elles s’expriment

C’est probablement l’un des changements les plus intéressants de ces dernières années.
Les cheveux texturés ne sont plus considérés comme une matière à lisser, mais comme une richesse à révéler.
Le shag bouclé, les Finger Coils, les attaches volontairement floues ou les chignons qui laissent s’échapper quelques mèches témoignent d’une beauté moins contrôlée, plus authentique.
Cette évolution dépasse la simple tendance capillaire : elle traduit une nouvelle façon de considérer la beauté, où la personnalité prend le pas sur la perfection.
L’Atelier Intermède célèbre cette philosophie avec un shag aérien destiné à mettre en valeur le volume naturel des boucles, ainsi qu’un chignon « Effortless Chic » dont les mèches libres deviennent l’essence même de l’élégance.
Le rétro, version 2026

Ce qui séduit dans cette renaissance des années 70 et 80, c’est précisément qu’elle refuse la caricature.
Il ne s’agit pas de reproduire Farrah Fawcett ou Debbie Harry à l’identique, mais de retrouver leur liberté.
Les volumes sont plus souples.
Les brushings respirent davantage.
Les couleurs gagnent en subtilité.
Les coupes deviennent infiniment plus faciles à vivre.
À une époque où la mode redécouvre le plaisir des belles matières, des coupes intemporelles et d’une élégance durable, les cheveux suivent exactement le même chemin.
Comme souvent, les tendances les plus désirables ne sont pas celles qui crient le plus fort. Ce sont celles qui donnent simplement envie de se regarder dans le miroir avec un peu plus d’assurance.
Et si l’automne-hiver 2026 devait se résumer à une seule idée, ce serait peut-être celle-ci : retrouver le glamour, sans jamais perdre le naturel.
Sophie TAGEL