Englouti de Brian Duffield actuellement au cinéma.

Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il lui reste plus qu’une heure d’oxygène. Tandis que le compte à rebours est lancé, Jay prend conscience que les leçons de vie durement transmises par son père pourrait bien être la clé de sa survie…

Englouti, j’y ai surtout vu une belle métaphore des liens familiaux : ces relations dans lesquelles l’amour est bien présent, mais où il est parfois difficile de communiquer, de se comprendre ou simplement de trouver la bonne manière de se dire les choses. 

Je trouve très intéressant que le film montre cette difficulté relationnel sans réduire les personnages à leur erreurs. La métaphore de l’engloutissement fonctionne parfaitement bien pour moi : comme si les émotions, les souvenirs et tout ce qui n’a jamais été vraiment exprimé finissaient par nous submerger. 

Ce qui m’intéresse particulièrement dans un film psychologiquement oppressant, ce n’est pas seulement la peur qu’il provoque. C’est la manière dont il peut nous faire ressentir une perte progressive de liberté, nous enferme dans l’esprit d’un personnage et nous empêcher, nous aussi, de respirer tranquillement. 

Jay Gardiner se retrouve prisonnier dans le ventre d’un cachalot, avec environ une heure d’oxygène, ce qui rend cette situation psychologiquement étouffante, à mes yeux, c’est la disparition de trois choses fondamentales : 

L’espace personnel, la maîtrise de son corps et la perception du temps, c’est une forme d’oppression particulièrement efficace au cinéma : le danger n’a pas besoin d’attaquer constamment. Il suffit qu’il soit là, autour du personnage, et qu’il ne puisse pas lui échapper. 

Le spectateur finit par anticiper le manque d’air avant même que celui-ci ne devienne critique. Le choix du ventre du cachalot est particulièrement intéressant, parce qu’il détourne quelque chose qui devrait nous sembler familier : le corps vivant. 

Jay ne plonge pas uniquement dans les profondeurs marines : il part également à la recherche de son père disparu. Le récit associé ainsi une lutte pour survivre à un deuil et à une relation familiale difficile. Je trouve cette superposition potentiellement beaucoup plus troublante que le scénario de survie. 

Le père peut alors devenir une sorte de présence intérieur contradictoire, il représente ce qui a construit Jay, mais aussi ce qui a pu le blesser. Il constitue une source de souvenirs, mais également un poids dont il ne parvient pas forcément à se libérer. 

Le cinéma de claustrophobie fonctionne souvent par anticipation. Notre esprit imagine ce qui pourrait arriver avant même que l’image nous le montre. Dans Englouti, plusieurs mécanismes alimentent cette réaction, comme le compte à rebours, la proximité des images et l’imagination du pire. 

Un film dont le dispositif le plus intéressant est ce double enfermement : un homme piégé dans un organisme vivant et un fils encore prisonnier d’une relation familiale inachevée. 

Informations Pratiques : 

De : Brian Duffield 

Avec : Austin Abrams, Josh Brolin, Elisabeth Shue

Genre : Thriller 

Durée : 1h46

Distributeur : The Walt Disney Company France 

Date de sortie au cinéma : 14 octobre 2026 


Mitra Etemad

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Auteur : TrendysLeMag

Blog Magazine Cinéma, Loisirs, Mode et Beauté.

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