Cournai, dans le Nord de la France, est le fief de la famille Beaumont-Liégard, des industriels qui ont fait fortune dans le textile. Jean-Baptiste, l’actuel patriarche, est un intime du maire et du député et gère son entreprise d’une main de fer.
François Lecrecq, lui, est un ambitieux sans héritage qui a réussi à séduire Gilberte, la fille de Jean-Baptiste, ce qui lui a permis de s’introduire dans la puissante famille. Gérante d’une boîte de nuit appartenant à Liégard, François se retrouve mêlé à un double meurtre et est envoyé en prison. Gilberte, elle, épouse un riche aristocrate pour faire taire les rumeurs. Entre film policier et peinture sociale, un Verneuil bien interprété.

Le Corps de mon ennemi est un célèbre roman de Félicien Marceau publié en 1975, magistralement adapté au cinéma en 1976 par le réalisateur Henri Verneuil.
Le film alterne entre son enquête au présent et ses souvenirs. Issu d’un milieu modeste, François avait réussi à s’élever socialement. Il est le devenu le gérant d’une boîte de nuit en vogue, cependant son succès dérangeait les notables. Lorsqu’un trafiquant de drogue et une jeune femme sont retrouvés, la culpabilité de François est fabriquée de toutes pièces par le clan Beaumont-Liégard, avec la complicité de la justice et de la police locale.

Le film se démarque par la réunion de talents exceptionnels au sommet de leur art. Les quatre grandes qualités majeures qui font de ce long-métrage un classique du cinéma policier français sont :
Un contre emploi magistral pour Jean-Paul Belmondo, la virtuosité de la mise en scène d’Henri Verneuil, la férocité de la critique sociale et politique et l’alchimie parfaite entre les dialogues d’Audiard et la musique de Francis Lai qui compose une bande originale mémorable au piano et au sifflet qui apporte une dimension tragique et nostalgique indispensable à l’œuvre.
Ce chef-d’œuvre est à revoir le 29 août sur Ciné + Classic
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Mitra Etemad