Peet Dullaert : et si la haute couture entrait dans une nouvelle ère ?

Entre héritage pictural, innovation textile et femmes d’exception, le créateur néerlandais signe une collection qui interroge la place de la haute couture au XXIe siècle.

Lorsqu’un créateur cite Rembrandt, le Louvre et le Rijksmuseum pour introduire une collection, on pourrait s’attendre à une démonstration historique, voire nostalgique. Pourtant, le défilé Haute Couture Automne-Hiver 2026 de Peet Dullaert, présenté à l’Hôtel Particulier de Wagram pendant la Fashion Week de Paris, prend un chemin bien différent.

La peinture du XVIIe siècle n’est ici qu’un point de départ. L’objectif n’est pas de reproduire le passé, mais de montrer que chaque époque réinvente sa propre idée de la beauté.

Et c’est précisément là que réside toute la force de cette collection.

Quand les musées inspirent la mode… sans l’enfermer

Le fil conducteur du défilé est la célèbre paire de portraits de Marten Soolmans et Oopjen Coppit, peints par Rembrandt et aujourd’hui conservés conjointement par le Louvre et le Rijksmuseum.

Mais Peet Dullaert refuse toute reconstitution historique.

Au contraire, il transpose l’esprit de ces œuvres dans un langage résolument contemporain. Son idée est simple : si les musées préservent les visages d’une époque sur leurs cimaises, la haute couture, elle, immortalise son temps à travers les femmes qui portent les créations.

Cette vision est résumée par une phrase qui pourrait devenir le manifeste de la maison :

« Les musées préservent les portraits dans la peinture ; la haute couture les préserve dans le mouvement. »

Une définition particulièrement poétique du rôle de la couture aujourd’hui.

Une couture qui choisit le mouvement plutôt que la contrainte

À la lecture du communiqué, on pouvait imaginer une collection très académique.

Les silhouettes racontent pourtant autre chose.

La spectaculaire robe rose en est sans doute le meilleur exemple. Son bustier en dentelle stretch épouse naturellement le corps tandis que son immense jupe en satin crée un volume théâtral. L’ensemble évoque les robes de cour sans jamais sembler figé.

La silhouette paraît légère, presque vivante.

Peet Dullaert revisite ainsi les grands codes historiques sans enfermer la femme dans une architecture rigide. La couture devient fluide, mobile et pensée pour accompagner les mouvements du quotidien.

C’est une approche qui tranche avec une certaine image de la haute couture, souvent associée à des vêtements spectaculaires mais peu compatibles avec la vie moderne.

Quand la technologie rejoint le savoir-faire

Le créateur défend une idée rarement formulée avec autant de clarté : l’innovation technique fait désormais partie du patrimoine de la couture.

Aux côtés des broderies, du macramé, des dentelles et des velours travaillés à la main apparaissent des tricots sophistiqués et des textiles stretch.

Le message est fort.

L’excellence artisanale ne consiste plus seulement à reproduire les techniques anciennes. Elle consiste également à intégrer les matériaux de notre époque sans perdre l’exigence de fabrication qui fait la réputation de la haute couture parisienne.

Le luxe n’est plus défini par la rareté des matières premières, mais par le temps consacré à leur transformation.

Une féminité tout en retenue

L’une des surprises du défilé réside dans son atmosphère.

Aucune exubérance.

Aucune démonstration spectaculaire.

Les mannequins avancent avec une présence presque silencieuse.

Le maquillage aux lèvres noires contraste avec la douceur des teintes poudrées. Les robes ne cherchent jamais la séduction immédiate ; elles imposent plutôt une forme de calme et d’assurance.

Cette retenue confère aux silhouettes une élégance intemporelle.

Un vestiaire qui dépasse les genres

Autre réussite de la collection : le vestiaire masculin.

Un costume noir parfaitement coupé attire particulièrement le regard grâce à son pan asymétrique qui se prolonge en une longue traîne textile.

Le tailoring traditionnel y dialogue avec une construction presque sculpturale.

Cette silhouette résume parfaitement la philosophie du créateur : respecter les fondamentaux tout en les réinventant.

Les clientes deviennent les gardiennes de la haute couture

Le communiqué réserve également une place inhabituelle aux grandes clientes de la maison.

En évoquant notamment Mouna Ayoub ou Yu-Chi Lyra Kuo, Peet Dullaert ne les remercie pas simplement de leur fidélité.

Il leur attribue un rôle essentiel : celui de préserver la haute couture en continuant à commander, porter et transmettre ces créations.

C’est une manière originale de rappeler que cet artisanat d’exception ne survit pas uniquement grâce aux ateliers ou aux créateurs, mais également grâce aux femmes qui choisissent de faire vivre ces pièces uniques.

Une nouvelle définition du luxe

Au-delà des vêtements, cette collection propose finalement une réflexion plus large.

À une époque où le luxe est souvent associé à la visibilité immédiate ou à la consommation rapide, Peet Dullaert défend une vision presque opposée.

Le vrai luxe serait désormais :

  • le temps consacré à une création ;
  • la maîtrise des gestes artisanaux ;
  • l’innovation au service du confort ;
  • et la capacité à inscrire un vêtement dans une histoire plus vaste que celle d’une simple saison.

L’avis de TrendysLeMag

Avec cette collection, Peet Dullaert ne cherche pas à faire revivre le passé. Il démontre que la haute couture peut continuer à évoluer sans renoncer à son héritage. En conciliant patrimoine artistique, innovation textile et liberté de mouvement, le créateur propose une vision particulièrement actuelle de ce que pourrait être le luxe de demain.

Plus qu’un défilé, cette présentation ressemble à une déclaration d’intention : la haute couture ne se contente plus de préserver la tradition, elle la réinvente pour une génération qui souhaite conjuguer excellence, confort et modernité. C’est sans doute cette capacité à faire dialoguer histoire et avenir qui fait de Peet Dullaert l’une des voix les plus singulières de la scène couture contemporaine.

Photo Copyright : peet Dullaert, coolk8girl, Giovanni Fiorio

Sophie TAGEL

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Auteur : TrendysLeMag

Blog Magazine Cinéma, Loisirs, Mode et Beauté.

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