Rose est très proche de son frère aîné Sam, qu’elle adore. Lorsqu’une femme accuse Sam de viol, Rose est appelée à témoigner dans le cadre d’une enquête menée à son encontre.

Entretien avec Sarah Miro Fischer :
Pourquoi avez-vous parler de la relation entre un frère et une sœur ?
Il y a plusieurs raisons à cela, l’une d’entre elles étant que l’on partage beaucoup avec ses frères et sœurs : les mêmes parents, la même classe sociale, le fait de grandir au même endroit. Le frère de Rose est accusé d’un crime. Elle le connaît depuis toujours, elle a compté sur lui à plusieurs reprises. Tout à coup, elle découvre une facette de lui qu’elle n’avait jamais vue auparavant : elle doit réévaluer toute sa façon de voir les gens, mais aussi de se voir elle-même.

The Good Sister est un long-métrage audacieux et très surprenant, le spectateur se voit découvrir une belle complicité entre frère et sœur, tout semble bien fonctionné entre eux, des liens très forts les unis.
On s’identifie immédiatement, nos propres souvenirs refont surface, l’attachement est instantané, mais la deuxième partie du film change complètement notre opinion sur la question de la loyauté et ses limites, jusqu’où peut-on aimer son frère ? Peut-on sacrifier la justice pour le protéger ?

Des questions difficiles place Rose dans une situation très inconfortable, elle doit faire un choix au-delà de l’amour qu’elle porte à Sam. Le scénario met le doigt sur l’une des plus grosses failles de l’homme… La loyauté !
L’intelligence du scénario nous fascine par la manière d’aborder son sujet, il n’y a aucune vision clichés, mais un travail sur soi-même à assumer un choix qui semble être juste malgré ses conséquences dévastatrices.

L’actrice principale Maria Bloching est une véritable révélation, par son jeu plus que convaincant et sa présence à l’écran qui ne laisse aucune place à l’ennui, bien au contraire.
The Good Sister est de ces films qui ne cherchent pas à imposer une réponse toute faite, mais qui nous accompagnent dans une zone beaucoup plus inconfortable : celle du doute, de la loyauté et des vérités que l’on préférerait parfois ne jamais avoir à affronter.

Avec une grande finesse, Sarah Miro Fischer place son personnage principal face à une situation vertigineuse. Rose aime profondément son frère. Elle le connaît, elle lui fait confiance, elle a construit une partie de son histoire autour de ce lien. Et soudain, une accusation vient fissurer cette certitude. À partir de là, le film ne raconte pas seulement une enquête : il raconte l’effondrement progressif d’une image que l’on croyait immuable.
C’est précisément ce qui rend The Good Sister aussi puissant. Le film ne se contente jamais de traiter son sujet de manière spectaculaire. Il préfère les silences, les regards, les hésitations et les contradictions. Il nous oblige à rester auprès de Rose, dans cet espace où aimer quelqu’un ne signifie pas nécessairement savoir qui il est.

La grande réussite de la cinéaste est de faire de cette histoire intime une réflexion beaucoup vaste sur la parole, la confiance et notre capacité à remettre en question ceux que nous croyons connaître par cœur.
Un film délicat mais loin d’être fragile . Il avance avec retenue, puis s’installe durablement dans l’esprit. On ne le quitte pas vraiment lorsque le générique arrive : certaines questions continuent de nous accompagner bien après avoir quitté la salle.
Informations Pratiques :
Titre : The Good Sister
De : Sarah Miro Fischer
Avec : Marie Bloching, Anton Weil
Genre : Drame
Durée : 1h36
Distributeur : Memento
Date de sortie au cinéma : 2 Septembre 2026
Mitra ETEMAD